Sécurisation des paiements : le guide des solutions paiement

Réponse directe : Pour la sécurisation des paiements en ligne et pour réduire la fraude sans plomber l’expérience d’achat en ligne, combinez :

1) un prestataire de services de paiement (PSP) certifié PCI DSS avec page de paiement hébergée ou hosted fields (réduit votre périmètre de conformité et l’exposition des données des titulaires de carte)

2) l’authentification forte (SCA) via EMV 3‑D Secure 2 et une gestion rigoureuse des exemptions (TRA)

3) la tokenisation + le chiffrement de bout en bout et la mise à jour continue des composants

4) des contrôles de sécurité opérationnels (journalisation, surveillance, gestion des accès, tests) alignés sur PCI DSS v4.x.

Appuyez‑vous sur les référentiels officiels (PCI SSC, EBA/UE, Banque de France/OSMP, CNIL) et formez clients et équipes aux bons réflexes.

Sécurisation des paiements

Sommaire (cliquable)

1. Pourquoi la sécurisation paiement en ligne est non‑négociable

2. PCI DSS : la boussole « sécurité des données » des services de paiement

3. SCA & 3‑D Secure 2 : maîtriser l’authentification forte

4. Réduire l’exposition des coordonnées bancaires : tokenisation, hosted & P2PE

5. Quelles solutions paiement choisir selon votre contexte ?

6. Application mobile : points d’attention

7. Opérer au quotidien : 12 contrôles de sécurité essentiels

8. RGPD, CNIL & protection des données

9. Checklist express « PCI DSS compliance »

10. FAQ rapide

11. Sources

1) Pourquoi la sécurisation paiement en ligne est non‑négociable

La fraude se concentre sur les paiements sur internet dépourvus d’authentification forte.

En France, l’Observatoire de la sécurité des moyens de paiement (Banque de France) montre que les paiements passés via 3‑D Secure avec SCA ont vu leur taux de fraude baisser et se stabiliser, tandis que les transactions hors 3‑D Secure (dont MIT, MOTO) restent structurellement plus risquées. Traduction : généralisez SCA/3DS2 et limitez les flux non authentifiés. 

Côté utilisateurs, des gestes simples réduisent fortement le risque : double sécurité (SCA) auprès de la banque, vigilance sur les sites, éviter d’enregistrer ses coordonnées bancaires, ou encore ne pas payer sur un Wi‑Fi public. Intégrez ces conseils dans vos parcours (bannières, tooltips).

2) PCI DSS : la boussole « sécurité des données » des services de paiement

PCI DSS s’applique à toute entité qui stocke, traite ou transmet des données des titulaires de carte (PAN, date d’expiration, etc.).

Depuis PCI DSS v4.0 (mars 2022) et v4.0.1 (juin 2024), plusieurs exigences montent d’un cran : MFA généralisée pour les accès à l’environnement de données de cartes (CDE), gestion plus fine des comptes et des scripts de pages de paiement, et « future‑dated requirements » devenus obligatoires au 31 mars 2025. Consultez le minisite français et la Document Library pour la dernière version et le « Summary of Changes ». 

3) SCA & 3‑D Secure 2 : maîtriser l’authentification forte

SCA (Strong Customer Authentication) issue de la DSP2 impose, par défaut, deux facteurs parmi connaissance/possession/inhérence pour les paiements électroniques. Côté cartes, la mise en œuvre la plus répandue est EMV 3‑D Secure 2, avec une orchestration des exemptions (TRA, faible montant, récurrents, etc.). Les Q&A de l’EBA précisent le calcul et le suivi des taux de fraude liés aux exemptions.

Impact business : les analyses de la Banque de France confirment que SCA/3DS2 a abaissé la fraude sur les paiements à distance authentifiés, tandis que les paiements hors 3DS/SCA restent beaucoup plus attaqués.

4) Réduire l’exposition des coordonnées bancaires : tokenisation, hosted, P2PE

Votre priorité est d’éviter que votre SI voie des données des titulaires. Trois leviers :

• Pages hébergées / hosted fields via votre PSP : formulaire carte servi depuis l’infrastructure du PSP (iFrame/JS isolé). Vous ne stockez ni ne transmettez la carte : périmètre PCI DSS minimal (souvent SAQ A ou A‑EP). Les scripts tiers sur la page de paiement doivent être inventoriés et autorisés (v4.x).

• Tokenisation : remplacez le PAN par un token inutilisable hors contexte. Le PCI SSC publie des guides (Tokenization Guidelines) ; principe : contenir l’exposition et durcir la gestion des clés.

• Chiffrement point‑à‑point (P2PE) & TLS robuste : chiffrez dès la saisie jusqu’au processeur, interdisez les protocoles faibles.

5) Quelles solutions paiement choisir selon votre contexte ?

A) Externaliser au maximum (PSP, page hébergée) – recommandé

Quand : sites B2C/B2B qui veulent payer en ligne rapidement et limiter la conformité. Bénéfices : périmètre réduit (conformité à la norme plus légère), authentification forte native (3DS2), mise à jour et contrôles de sécurité portés par le PSP. Points de vigilance : maîtriser les scripts de la page, valider les rapports de conformité du PSP, suivre les risques MIT/MOTO.

B) Hosted fields + orchestration avancée

Quand : besoin d’UX custom (checkout en une page), application mobile hybride. Bénéfices : style natif, tout en gardant PAN hors de votre CDE. Vigilance : intégration propre, CSP, Subresource Integrity, inventaire et approbation des scripts (exigences v4.x).

C) Full in‑house (vous collectez la carte) – réservé aux matures

Quand : cas très spécifiques (marchands internationaux, besoins de routage, vault maison). Bénéfices : contrôle total (routage, coûts). Coût/risque : SAQ D, MFA pour tous les accès CDE, tests et surveillance permanents. N’y allez que si les gains dépassent largement l’effort.

D) Open Banking / PIS (initiation de virement, compte bancaire)

Quand : panier élevé, B2B, réduction des frais cartes. Bénéfices : pas de cartes de crédit manipulées, SCA pilotée par la banque du payeur. Vigilance : UX d’autorisation, réconciliation, remboursement (cadre DSP2).

6) Application mobile : points d’attention

SCA sur mobile : intégrez 3DS2 in‑app quand c’est possible (ou deep link sécurisé vers l’app bancaire).

Hygiène mobile : codes d’accès, mise à jour de l’OS, prudence sur les autorisations, antivirus et sauvegardes.

Côté produit, évitez d’écrire des coordonnées bancaires en clair, isolez le webview de paiement et appliquez le certificate pinning.

Sécurisation des paiements

7) Opérer au quotidien : 12 contrôles de sécurité essentiels

  • MFA partout vers le CDE ; gestion stricte des comptes inactifs.
  • Gestion des scripts sur les pages de paiement : inventaire, intégrité, approbation.
  • Patching rapide : correctifs de vulnérabilités critiques sous 30 jours.
  • Journalisation & surveillance : corrélez les événements d’accès, d’authentification et de paiement.
  • Segmentation réseau : séparez le CDE du reste, limitez les flux.
  • Chiffrement des données des titulaires en transit et au repos ; interdisez les protocoles faibles.
  • Tokenisation : remplacez le PAN par un token et gouvernez les clés.
  • Tests réguliers : scans authentifiés, tests d’intrusion, validation du pare‑feu.
  • Gouvernance des prestataires de services : exigez AOC/ROC à jour et clauses de sécurité.
  • Gestion des exemptions SCA : surveillez vos taux de fraude (TRA), stoppez l’exemption si seuils dépassés.
  • Sensibilisation clients : rappelez les bonnes pratiques (ne pas enregistrer les coordonnées bancaires sur des appareils partagés, vigilance offres trop alléchantes).
  • Plan hors 3DS : réduisez au strict nécessaire les flux hors 3‑D Secure (MIT/MOTO) et entourez‑les de contrôles renforcés.

8) RGPD, CNIL & protection des données

Pas de conservation du CVV après la transaction. Par défaut, ne conservez pas les données de carte au‑delà de l’acte de paiement. Pour faciliter les achats ultérieurs, le consentement explicite est requis (case dédiée, non pré‑cochée), et un moyen simple de retrait doit être prévu. 

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9) Checklist « PCI DSS compliance »

[ ] Cartographie du périmètre (où transitent les données des titulaires ?).

[ ] PSP certifié + pages hébergées/hosted fields en priorité (paiement sur internet).

[ ] SCA/3‑D Secure 2 activée partout où possible, TRA pilotée, suivi des taux.

[ ] Tokenisation + chiffrement end‑to‑end.

[ ] MFA généralisée + gestion stricte des comptes.

[ ] Inventaire & contrôle des scripts de paiement.

[ ] Mise à jour régulière des composants, correctifs critiques < 30 jours.

[ ] Logs & monitoring corrélés, alertes quasi temps‑réel.

[ ] Politique CNIL/RGPD : minimisation, consentement pour la conservation, rétention limitée, notification.

[ ] Plan hors 3DS : restreindre MIT/MOTO, renforcer risk‑scoring.

10) FAQ

La « sécurisation des paiements » suffit‑elle à cocher la case « conformité à la norme » ?

Non. La sécurisation paiement en ligne est un objectif, la PCI DSS compliance est un cadre avec des exigences, preuves et audits (ROC/AOC, SAQ, policies, logs). Les deux sont complémentaires.

Si j’utilise un PSP pour payer en ligne, suis‑je encore concerné par PCI DSS ?

Oui, mais votre périmètre est réduit (souvent SAQ A/A‑EP). Vous devez toujours contrôler les scripts de la page de paiement et la sécurité du site.

Qui décide d’appliquer l’exemption SCA (TRA, faible montant…) ?

Chaque prestataire de services peut la proposer ; l’émetteur (banque du porteur) a la décision finale. Et si votre taux de fraude dépasse les seuils, vous devez arrêter l’exemption.

Le SMS à usage unique suffit‑il comme SCA ?

Une authentification forte exige deux facteurs. Beaucoup de banques ont évolué vers des solutions in‑app (biométrie + possession). Référez‑vous aux notes Banque de France/OSMP et aux directives EBA.

Puis‑je conserver les coordonnées bancaires pour faciliter un paiement sur internet ultérieur ?

Uniquement avec consentement explicite et jamais le CVV, respectez des durées de conservation strictes.

11) Sources

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